Hugh WEISS

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Deux artistes prestigieux à la galerie Artgument

« Ils ne se connaissent pas et pourtant ils ont tant de choses en commun. » Ce seul indice, glissé par la galeriste Agnès Bernard, suffit à susciter l'envie d'aller cueillir le plaisir à sa galerie Artgument, à Esvres.
Jusqu'au 8 avril, elle y expose les artistes prestigieux que sont Christiane Alanore et Hugh Weiss, et l'on sait, comme à son habitude, qu'elle fera naître entre eux, entre leurs travaux, une insoupçonnable alchimie qui ravira les yeux et l'imaginaire.
Pour Weiss et Alanore, tous deux plus qu'octogénaires, « cela fait 60 ans que leurs œuvres sont accrochées aux cimaises des galeries et des musées », précise-t-elle. Boris Vian a d'ailleurs été le premier, en 1948, à exposer Alanore et à croire à la pérennité de son talent.
« Ils sont attachés tous les deux à la liberté et notamment à celle de n'appartenir à aucun mouvement, y compris les plus grands, même s'ils les ont fréquentés, poursuit Agnès Bernard. Leur œuvre est unique. La probité est inscrite dans leurs gènes, c'est sans doute pour cela que l'amour et la mort s'inscrivent indélébiles dans leurs œuvres. »
Ils ont aussi beaucoup d'humour et d'autodérision. En témoignent leurs toiles qui montrent par une certaine force tranquille, une sérénité, le plaisir commun, déconcertant de dérision et de tendresse, de peindre la vie.
Quand Weiss et son acrylique se raillent des symétries et des perspectives conventionnelles, Alanore empoigne la matière, manipule à pleines mains son huile pour une peinture cursive, peut-être un peu plus réaliste.
Mais ce qui ressort de ce plaisir et de leur travail, c'est qu'ils semblent tous deux indéfiniment s'étonner, et de la vie, et d'eux-mêmes. Et qui peut bien se lasser d'être étonné ?

Alanore et Weiss dans la Nouvelle République du 28 mars 2007

Alanore Weiss

HUGH WEISS TIRE SON IRRÉVÉRENCE

Quelques titres de ses œuvres ont témoigné du cocktail pigmenté. Charon et la pieuvre, Cerbère et Méduse, Nageur sur le Flégéton. Hugh Weiss s’en est allé s’esclaffant. L’esclaffe dont il avait fait son laboratoire intime, déployé sérieusement, sans se prendre au sérieux. Weiss a été le peintre d’un monde en souffrance et en goguette, oscillant entre gais lurons et trognes patibulaires, entre la vie et la mort, se gorgeant d’histoires mythologiques, confites et déconfites, métronome d’une féerie aux confins du désastre et de la rigolade. Du baroque résolument perplexe. Sa palette tragique se voulait un clin d’oeil à la vie. Sans manquer d’humeur, sans jamais négliger la drôlerie. Car ce diable turbulent, porte-parole d’un triomphe de la dérision époustouflante avait fait de son existence un almanach de drôle. Figure essentielle de la photographie humaniste, sa femme, Sabine, à qui, forcément, l’on songe, a vécu avec lui plus d’un demi-siècle de cette épique drôlerie tourmentée. Politis lui envoie ces mots de soutien. En attendant, sur les rives du Styx, Hugh Weiss tient probablement la pagaie comme un pinceau. Alerte. Et comme ultime manifestation de dérision du destin, voici que s’ouvre ce 9 novembre [2007], à la villa Tamaris, cette grande exposition rétrospective de son oeuvre.

Par Jean-Claude Renard dans Politis n° 974 du 1er novembre 2007


Hugh Weiss dans Artension n° 38 d'octobre 2008
Weiss
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Hugh Weiss dans Artension n° 38 d'octobre 2008

Weiss

Voir aussi le site de Sabine Weiss
sabineweissphotographe.com