Bernard PRIVAT

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" DRÔLES D'HISTOIRES "

Michel HÉNOCQ / Bernard PRIVAT

Exposition du 14 septembre au 7 octobre 2011, du mardi au samedi de 11 h 30 à 19 h

GALERIE CLAIRE CORCIA
323, rue Saint-Martin 75003 Paris
Métro Arts et Métiers - Parking St Martin à proximité - Tél : 09 52 06 65 88 - à 10 minutes du Centre Georges Pompidou
Pour toute information : www.galeriecorcia.com / contact@galeriecorcia.com

Hénocq
" La Vierge de Bopal " Michel HÉNOCQ

Privat
" Phénomène de foire " Bernard PRIVAT
Hénocq
Barbaries : le héron du Nil " Michel HÉNOCQ
Privat
" Phénomène de foire " Bernard PRIVAT

Le voyage à l’encre noire

Bernard Privat continue de chercher la femme avec flamme, en poursuivant le dépouillement de ses sujets felliniens.
Il avait déshabillé ses « mégaformes » de leurs collages et marouflages chatoyants pour mieux en pétrir les chairs, dans une pâte travaillée à l’extrême. Elles s’en étaient alanguies.
Avec la même amoureuse méticulosité, il les dénude davantage à présent, via la sobriété suggestive du noir et blanc. Aux jeux chromatiques ont succédé la rigueur et la vigueur des traits pleins pour que, rehaussée de noirceurs, vive l’ampleur.
Mais les belles ont perdu cette sérénité hiératique de leurs débuts triomphants. Toujours ronde, la bouche vocifère plus qu’elle ne bée, et jusqu’au vomissement de rancœurs accumulées. C’est ainsi, aussi, qu’elles manifestent leur existence, avec force gestes et mouvements du corps.
On pourra encore parler d’hystériques !
Leurs formes continuent à occuper la plénitude de l’espace par elles conquis, mais ces dames doivent plus souvent bouger pour difficilement cohabiter. L’autre est là, au masculin. Vaguement homme, plus volontiers animal – monstre rescapé des horreurs de Guernica – il réclame sans équivoque sa part de sexe, comme l’enfant sa tétée. Pour l’amour, il faudra repasser.<
Un moment de tendresse, peut-être, dans ce voyage à l’encre noire, quand des sœurs se dévoilent ensemble, au hammam ? Sans réussir à se défaire de ce casque étrange qui leur aplatit le crâne comme pour contenir la révolte des cocottes.
L’objet se confond avec le cerveau, d’ailleurs, dans des portraits plus resserrés où le visage angoissé s’embrouille et se défait. Mais elles sont peut-être devenues, ici, des hommes ?

Alain NORDET

Privat

Privat  

L’Artgument de Privat

Il y a trois ans, Bernard Privat investissait les cimaises de la galerie alors sise à Montbazon. Aujourd’hui à Esvres, l’artiste la rejoint pour une nouvelle exposition de ses figures charnelles, mastodontes féminins, aux plantureuses formes. « Le visage figé dans une douce étrangeté » écrit Marc Laumônier, « les lèvres gonflées de rouge, aux postures avachies, désinvoltes, stoïques, attentistes, jamais offertes, qu’il développe avec une généreuse obsession » depuis son virage figuratif il y a une douzaine d’années.
Déjà à cette époque le Bordelais fréquentait la galerie tourangelle. Aujourd’hui il s’y trouve en permanence, parallèlement à cette exposition de petits formats, là encore déviation passagère. On le connaissait débordant sur de grandes toiles. Le voici dans le réduit, toujours aussi pertinent.

Galerie Artgument, 4 rue des Caves à Esvres. Tel 02.47.26.53.32, le samedi et dimanche de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h, les autres jours sur rendez-vous. Jusqu’au 2 mars.

Privat  

Grosse surprise, il y a un mois ou deux, de voir la reproduction d'une peinture de Bernard Privat accompagnée d'un texte de Monsieur Lemonnier, dans les colonnes artistiques de Libération, journal notoirement plus attentif aux tonitruantes démonstrations de l'art officiel qu'aux discrètes subtilités de la peinture.
Ceci pour dire que la peinture de Bernard Privat possède une présence, une évidence immédiate, une force de persuasion qui lui permet de capter le regard et l'attention ou plus profond d'elle-même et ceci, malgré les références ou critères d'évaluation extérieurs qui peuvent parfois obstruer les yeux.
Peinture de l'intérieur même de la peinture. Peinture à sujet certes : le corps et la chair féminine, mais sans érotisme. Une sensualité sourde, dissoute et magnifiée dans le geste, le trait, la texture, les transparences. La chair, la peau, les commissures, les boursouflures corporelles y deviennent pur objet plastique. La triviale animalité du corps s'y sublime en délicate immatérialité. Et c'est bien cela qui est fascinant.

Pierre Souchaud dans Artension n° 9 de 2003

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