Radhamés MEJÍA
| Au jardin des origines Les sociétés humaines, que l’on dit aujourd’hui primitives, se sont toutes donné des images, des scuptures, des objets, qui n’avaient pas alors fonction ni prétention artistique. Ils ont été le fruit d’une longue et lente élaboration. Ils étaient chargés de sens, de symboles, d’histoire ; ils portaient les mythes fondateurs du groupe : ils participaient de la vie quotidienne où chaque geste était ritualisé et avait dimension magico-religieuse ; ils étaient ce grâce à quoi l’homme s’installait dans un continuel aller-retour de la terre au ciel, du réel au rêve, dans une harmonieuse et sereine appréhension de la totalité de l’espace vécu. Les images de Radhamés Mejia sont de cet ordre. Elles aussi nous transportent en ces lieux où profane et sacré, habituel et transcendant se confondent. Elles structurent et aménagent l’espace symbolique, cartographient le monde imaginaire, concrétisent les chemins du rêve éveillé. Elles naissent de la matière sensible – cette peau parcheminée qui sert de support à la peinture – elles s’enracinent dans ce terreau premier pour en faire surgir la flore et la faune de l’enfance du monde telles qu’elles étaient dans le grand jardin originel. La peinture de Radhamés Mejia nous offre un ressourcement rédempteur au plus près de ce grand et permanent mystère des choses familières à toutes les cultures. Pierre Souchaud, 2000 |
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Mejia dans Artension n° 27 de 1991 |
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