Françoise MAGRANGEAS

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En 1994, après 15 ans passés surtout à faire de la lithographie et linogravure, j’ai recommencé à peindre.

Très longtemps le coté « toile-de-lin-préparée-tendue-sur-cadre » m’a rebutée ! J’aime avoir avec le support sur lequel je travaille un contact, un toucher, et j’aime que ce support participe à l’image, ou à la mise en scène, ou mise en position de l’image. J’ai souvent expérimenté cela avec mes lithographies ou linos et quand j’ai repris la peinture, très vite, j’ai voulu reprendre l’expérience.

Mon travail est figuratif ! comme la vie, la vie de tous les jours ; comme les accidents, les bonheurs, les rencontres ; mais aussi comme la photographie, la bande dessinée.
Les images sont silencieuses ! Et mes peintures sont comme des arrêts sur image, des mises en scène fixes. Et j’aime ce silence mais parfois je le trouve trop muet, alors j’écris, je grave dans la peinture. Je travaille à l’huile sur des toiles de coton souples, préparées et que je peux rouler et même plier comme de simples décors.

La peinture me permet aussi de travailler en couches successives pour atteindre une qualité « espérée » de légèreté, subtilité, raffinement de certaines matières, en contraste avec des surfaces laissées à elles-mêmes ; ce que je recherchais en lithographie en multipliant les passages de couleurs : jusqu’à 9 ou 10.

En 1990, j’ai découvert le monde de la danse/théâtre et pour moi cela a été un « choc culturel » qui a renforcé mon goût de la théâtralité mais aussi d’un certain voyeurisme. Je ne peux plus envisager mon travail limité à mon atelier. Toutes mes activités participent à mon développement : chercher du matériel, des idées, concevoir des costumes, mais aussi traîner grâce à ce travail dans la promiscuité de danseurs, dans l’« undergroud » des théâtres, des studios de répétition et participer à la fabrication d’un spectacle. Tout cela m’inspire, me stimule. Et j’aime quand mes peintures participent à l’imaginaire d’un autre, comme dans la série des photographies réalisée avec le chorégraphe Marcelo Evelin.

En 1990, il était urgent sans doute, pour moi, de sortir de mon atelier, de m’intéresser à d’autres mondes de création préoccupés comme moi de mélanger un certain langage direct et intime avec l’imaginaire et le poétique.

En 2007 ma recherche en peinture reste la même.
Parfois l’ecriture sur la toile est devenue découpage ; le support s’est simplifié, le collage s’est installé, certains maniérismes ont disparus, d’autres sont venus…

Il y a encore beaucoup à trouver, beaucoup à faire !

Françoise Magrangeas (1998/2007)