Evelyn GERBAUD

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EVELYN GERBAUD : LES INCONNUS DANS LA MAISON

Surgissent des formes animales vivantes, vivantes certes, mais autrement que dans notre imagerie habituelle. Ces " formes " deviennent soudain hétérogènes et en incidence interne réciproque dans une voie que Fred Deux et Bellmer (sur des autres registres) avaient initiée. Une telle œuvre devient un monstre au sens propre du " monstrum " (de " moneo ", avertir) puisque les monstres qu'elle exhibe deviennent des avertisseurs qui annoncent non une position et une propension de  l'imaginaire qui fournirait une prise au désir mais au contraire un inimaginable qui à la fois - et par définition - reste hors d'atteinte mais qui ouvre une " attente " en la comblant  dans la mesure où le dessin chantourne et tord le réel afin de viser chez le spectateur un effroi qui se ponctue parfois d'un certain humour : les monstres en effet les plus terrorisants sont ceux qui en préservant une feinte d'humanité créent un autre frisson. Les variations de formes reconnaissables construisent chez l'artiste un magasin de curiosités particulier : on fluctue soudain en un univers d'ambiguïtés qui touche à l'équivoque non accidentelle mais essentielle. De tels " simul-âcres " fascinent car s'y superposent le principe du plaisir et celui de l'angoisse. Plaisir d'une copie, mais d'une copie traîtresse qui devient en dépit de ses apparences de " réalité " une forme spécifique projective d'une dramatique humaine.

Le graphite n'est pourtant pas ici simplement au service de notation onirique ou cauchemardesque, il possède le vacarme et le souffle d'une angoisse éprouvé dans les hallucinations nocturnes qu'Evelyn Gerbaud tire du sommeil. Soudain elles perdurent ainsi à l'état de veille, face à nous,  parce qu'elles sont une dimension de notre existence : la faire surgir est à la fois une consolation et une supplique.

En de tels montres exposés et en leurs danses ou leurs crucifixion, surgissent donc notre être et son double.

Jean-Paul Gavard-Perret dans Artension n° 41 de Mai-Juin 2008


Gerbaud

Ouest-France du 12 mai 1999

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L'œuvre toute en finesse et en transparence d'Evelyn Gerbaud nous fait pénétrer dans une atmosphère silencieuse et sereine. Un théâtre mystérieux où tendresse et humour se cotoient et où l'humain, avec complicité, emprunte à l'animal sa fidélité et sa docilité pour mieux communiquer. Décors oniriques mêlés d'ombres et de lumière d'où s'échappent les vestiges d'un subconscient démasqué.


Agnès Bernard

 

Gerbaud

La Presse de la Manche du 7 mai 1999